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Dans un délire monarchiste local, nous pourrions écrire : « LES BEBERTS » sont morts, vive « SHAKY THINGS ». Sachant qu’il n’y a pas de guerre de succession à l’horizon, que nous ne sommes point contraints à d’anciennes préséances et que, essentiellement, le jeune trio niçois est toujours empli de souffle radieux, de promesses dynamiques, et n’a pas perdu un seul petit brin de son identité musicale, nous ne céderons évidemment pas à cette étrangeté peu républicaine. Éclaircissons tout de même ce changement de nom et faisons plus ample connaissance par une interview : « No Tools And Gear Are Needed» évidemment !

ATS : Seriez-vous devenus amnésiques suite à un abus récent de cocktails insolites, lors d’une party déjantée, au point de ne plus vous souvenir du nom du groupe [rires] ? Comment expliquez-vous ce changement de nom anglicisé ? Une volonté de couper le cordon avec les aînés, la rencontre avec un chaman californien ?

Alexandre (batterie, chœurs) : Non, ce n’est pas une volonté de couper le cordon avec les aînés. C’est un nouveau départ ! Après notre voyage en Californie, les dates et l’enregistrement de notre nouvel EP là-bas, nous avons pris la décision de changer notre nom. Pour quelque chose qui nous ressemble plus, qui a plus de sens aujourd’hui.

Vous avez enregistré ce nouvel EP au Studio 606 à Los Angeles (on évite « le nombre de la bête »* de peu, dites-moi… [rires]). Le « Californian Dream » anime-t-il aussi les jeunes de votre génération ?

Kevin (guitare, chant) : Oui forcément ! Quand on nous a proposé d’aller jouer et enregistrer dans le studio de Dave Grohl (Nirvana, Foo Fighters), nous ne pouvions le refuser !



Quels souvenirs marquants gardez-vous de votre voyage, de votre enregistrement, de vos dates en Californie (le trio y est parti fin août et début septembre 2017) ? Votre nom sur l’enseigne du Whisky a Go Go ? Les surfeuses ? Les grosses américaines (nous parlons des véhicules, n’est-ce-pas Tom !) ? Avoir rencontré Chad Smith ?

Alex : C’était dingue ! L’immensité de L.A., l’enregistrement dans de très bonnes conditions, dans ce studio incroyable ! Avoir eu l’opportunité de jouer au Whisky a Go Go (co-plateau). Les gens et le staff ont vraiment aimé notre musique ! Et puis au Whisky a Go Go, nous avons rencontré Chad Smith. Il a toqué à la porte de notre loge et nous a demandé s’il pouvait fumer une clope… évidemment, with pleasure ! Du coup, nous sommes restés un bon petit moment à discuter ensemble, etc…

Kevin : Voir le nom « Les Béberts » écrit sur l’enseigne du Whisky a Go Go en plein Sunset Boulevard, c’était quand même super marrant !

Tom (basse, orgue) : Nous étions comme des gosses. Partir jouer et enregistrer à Los Angeles, cela fait rêver ! Nous avons eu beaucoup de chance de pouvoir y aller.

Est-il plus facile de jouer en Californie qu’en France ? Les conditions était-elles convenables, similaires ?

 Alex : Je ne dirais pas plus facile… mais oui, il y a beaucoup d’endroits où il est possible de jouer…tellement ! Cependant, il est dur d’être reçu correctement. Il ne faut pas être exigeant quant aux conditions… c’est à prendre ou à laisser ! Si tu n’acceptes pas, un autre groupe prendra la date à ta place. En général, les conditions sont moins bonnes à L.A.  Il faut se laisser du temps. Nous sommes impatients d’y retourner jouer.

Tom : Les conditions étaient moins bonnes qu’en France. Souvent pas nourris, voire même pas abreuvés ! Cela fait partie du jeu.

Sur votre visuel de tournée californienne, vous aviez placé une image de Trump et vous ironisiez en écrivant « Hell Yeah ! ». Alors avec le recul, hell or heaven ? Avez-vous cédé facilement aux bacchanales « burger & soda » ?

Alex : Ha, Ha… [rires] ! Pour nous, plutôt heaven ! Effectivement, la première chose que nous avons faite en arrivant, est d’aller à In-N-Out Burger (chaîne de restauration rapide de l’ouest)… avec le rythme des dates, de notre emploi du temps, de notre budget, etc., nous étions obligés de passer par les fast-foods.

Comment avez-vous trouvé le public californien, réceptif ? Indifférent, trop scotché au comptoir ?

Alex : Bon public ayant bien apprécié notre musique !

Tom : Le public était toujours réceptif. Nous avons eu des bons retours après chaque date.

Pour ce second EP, vous avez travaillé avec les mêmes personnes que pour le premier (Les Béberts – AV026). Même auteur : Annelore Van Puijenbrock ; Joe Chester pour le mix (ingé son, producteur et musicien irlandais installé à Nice) ; François Terrazzoni pour le mastering ; Pooley pour l’artwork ; MPO pour la fabrication. Est-ce que cette Shaky Team vous permet de retranscrire avec respect vos idées initiales, la qualité, l’énergie auxquelles vous aspirez ?

Alex : Cette « petite entreprise » fonctionne à merveille ! Nous sommes très heureux de travailler avec toutes ces personnes qui sont à notre écoute depuis le début. Cela nous est essentiel.

Kevin : Nous nous entendons parfaitement bien dans cette « Shaky Team » ! Annelore et moi faisons ensemble un travail complice sur les lyrics. Joe fait exactement ce que nous espérons du mixage. Nous avons fait seulement deux ou trois versions de chaque morceau avant d’arriver au résultat exact. Celui auquel nous aspirions. Pooley a bien assuré pour la pochette, une seconde fois.

Tom : Nous avons commencé à travailler avec François Terrazzoni et MPO sur les conseils avisés de notre chère Tata d’ « Ave The Sound ! ». Nous sommes très contents du résultat final une nouvelle  une fois. C’est la Shaky Dream Team !

   


Comment procédez-vous entre écriture et composition ?

Kevin : En général, on cherche des riffs ou des lignes de chant, par exemple. Après, on teste les idées avec Alex. Ensuite, on écrit les textes avec Annelore. Puis, on arrange la chanson, tous les trois en répète.

Comment avez-vous choisi ce titre : « « No Tools And Gear Are Needed » ? Cette idée de pochette ?

Kevin : L’idée est née d’un titre qu’Annelore avait trouvé pour un de nos premiers morceaux. Nous aimions l’ironie entre le texte et l’image choisie pour la pochette. « Aucun outil n’est nécessaire » alors que l’on voit une femme un peu dénudée devant une voiture…

Comment avez-vous rencontré Emmanuelle Nègre, réalisatrice de votre clip « Come & Go » ?

Kevin : Nice étant un grand village, nous nous connaissons depuis un moment.

Tom : C’était super de pouvoir bosser avec elle. Elle a fait un excellent travail sur les deux clips. Le deuxième arrive bientôt…patience !

 

Comment doit-on déguster ce nouvel EP, véritable cocktail  énergique pour humeur apathique ou fragile ? Avec toasts au beurre de cacahuète, burgers bien gras, pissaladière ou chips de socca ?

Kevin : Je pense qu’il doit s’écouter très fort ! Pour le reste, libre à chacun de choisir son ambiance.

Vous avez vendu très rapidement votre premier EP. Si vous étiez des bonimenteurs de foire, que diriez-vous pour vendre aussi rondement celui-ci ?

Alex : Il est frais notre EP, il est frais !

Selon vous, quels ingrédients sont indispensables pour composer un bon groupe ? Quelles sont les bonnes proportions pour élaborer l’esprit Shaky Things ?

Alex : Pour faire un groupe… le respect, l’organisation, l’amitié, l’implication personnelle, la motivation… Le mot décrivant le mieux l’esprit Shaky Things serait : cool ! Je ne pense pas qu’un autre mot puisse mieux décrire l’esprit général entre nous.

Tom : Tout à fait d’accord avec Alex, il y a toujours de bonnes vibes entre nous !

Vous chantez encore en anglais sur ce nouvel EP. Pourquoi ce choix de l’anglais ? Était-ce une évidence ? La langue française est-elle définitivement exclue de vos recettes détonantes ?

Kevin : Oui, cela nous était une nouvelle fois une évidence. Il ne me déplairait pas de monter des chansons en français. Mais cela serait un autre projet. Différent.

Des jeunes de votre âge ne connaissent pas du tout le format vinyle. Vous, vous êtes y attachés. Comment pourriez-vous leur exposer l’intérêt du vinyle ?

Alex : Nous sommes effectivement attachés à ce format. Il convient parfaitement au style de musique que nous jouons. Le vinyle est un bel objet. Il est un très beau support artistique !

Kevin : Il y a beaucoup de jeunes qui apprécient d’écouter des vinyles ! Pour moi, les atouts de ce format sont la qualité du son et la beauté de l’objet.

Vous semblez être toujours très complices, enthousiastes, dynamiques, très organisés, bosseurs. Vous menez des projets parallèles, vous faites beaucoup de concerts en participant à différents backing bands, dans des répertoires et styles différents (certains « garageux » pourraient trouver cela très exotique). Vous ne faites pas les choses à moitié (n’oubliez-pas notre enveloppe, s’il vous plaît… [rires]). Que mettez-vous dans votre shaker le matin pour être aussi énergiques, volontaires ?

Kevin : La passion ! La musique est une passion et un travail que je vis entièrement. Il n’y a pas de bons ou mauvais styles musicaux, seulement de la bonne ou mauvaise musique ! Cela n’est pas de moi mais cette phrase me plaît !

Tu dois penser à Duke Ellington qui disait : « There are two kinds of music. Good music, and the other kind. » Dans un futur proche, voudriez-vous pouvoir dire : « Music is our job ! » ?

Kevin : Avec nos études et nos activités, nous pourrions déjà le dire. Mais pour être plus précis, j’aimerais pouvoir dire un jour que notre musique, celle que nous écrivons, nous permet de vivre décemment. Nous l’espérons.

Qu’écoutez-vous dans la « Shakymobile » lorsque vous êtes en tournée ?

Alex : Les METERS « Rejuvenation » ! C’est notre café musical !  Notre coup de « boost » ! Ensuite, il nous arrive d’écouter les playlists radio ANNÉES 2000 en France… En fait, nous écoutons vraiment de tout. On peut passer d’Antônio Carlos Jobim aux Black Keys. Etc., etc.

Vous semblez ne pas avoir de barrières musicales, être ouverts, curieux. Si vous étiez un compositeur classique, un jazzman, un groupe, un musicien, un chanteur, qui seriez-vous (merci de répondre dans l’ordre) ?

Alex : J.S Bach, Oscar Peterson, Radiohead ou The Meters, Brad Mehldau et James Brown.

Kevin : Debussy, John Coltrane, Jimi Hendrix Experience, Wes Montgomery, Jack White.

Tom : Je n’ai pas une grande culture classique donc je dirais Bach aussi, Ron Carter, The Beatles, Jack White et Alex Turner.


Quel musicien pour illustrer un billet de banque ?

Alex : Kenny G !

Kevin : MOI !

Tom : Snoop Dogg !  Il serait fumable du coup… Ha, Ha… [rires]

…[rires]…
Quelles sont les petites choses qui vous rendent heureux ?

 Alex : La musique, l’amour (roooh !), un espace où je peux m’allonger pendant les tournées, les bières… forcément !

Kevin : La musique, l’amour, me réchauffer les mains à l’eau chaude, le soleil, et la bière… évidemment !

Tom : Bon… je crois que nous avons des goûts similaires tous les trois donc je ne vais pas radoter…

L’abus de fuzz est-il dangereux pour la santé ?

Alex : Surtout pas !

Kevin : Jamais !

Quels sont vos projets ? Album ? Tournée ? Nouveau clip ?

Alex : Nouveau Clip pour bientôt. Sur un autre morceau encore plus dansant ! Nous avons bloqué quelques dates pour les mois de février et mars. Nous retournerons 10 jours en Espagne en avril. Nous sommes très heureux de bosser avec un adorable booker en Espagne !

Qu’écoutez-vous en ce moment ?

Alex : Je suis dans une période assez jazz en ce moment : Kurt Rosenwinkel, John Scofield, Keith Jarrett…

Kevin : Même cycle qu’Alex : John Scofield, Clifford Brown avec Max Roach…

Tom : En ce moment, les premiers albums instru des Meters. Et de l’électro instrumental (Beat Music, Heernt..)

Merci SHAKY THINGS !

 

* Aux États-Unis, les trois chiffres 666 inscrits sur un disque peuvent suffire à le faire interdire à la vente par certaines chaînes de supermarchés.

Dates à venir :

– 14 février – Release Party, l’Alimentation Générale, Paris

– 15 février – Le Bistrot de la Cité, Rennes

– 23 février – Release Party Showcase @ Lollipop Records, Marseille

– 28 février – Release Party,Le Ketje, Nice

– 1er mars – Le Bric à Brac, Montpellier

– 2 mars – Les Toqués, Périgueux

– Mois d’avril – Espana Spring Tour

Shaky Things :

 

Kevin Saura : guitare & chant 
Tom Vallée : basse, clavier & chœurs 
Alexandre Gauthier : batterie & chœurs

AV042 / disponible 7” (45rpm)  / 300 copies édition limitée 
8 € + frais de port / Contact : records@avethesound.com 

© Ave The Sound 2019 / AV042 / Refuge

Paroles : Annelore Van Puijenbroek 
Enregistrement : John ‘Lou’ Lousteau at Studio 606, L.A.
Enregistrement additionnel : Nico at BCKYRD Studio, L.A.
Mixage : Joe Chester 
Mastering : François Terrazzoni – Parélies 
Artwork : Pooley (Woom Studio)

Thanks for supporting them!