Étiquettes

, , , , , , , , ,

Interview décalée des quatre apôtres de CATHEDRALE. Ni enfants de chœur, ni diables bleus !

De gauche à droite : Robin, Maxime, Jules, Félix

De gauche à droite : Robin, Maxime, Jules, Félix
Quelles apparitions ou quelles voix vous ont guidés vers « la musique du diable » ?

Jules : J’ai commencé par aller aux concerts de rock et de punk à Marseille, à supporter des groupes locaux comme Les Jolis ou Les Dolipranes.

Maxime : Tout petit,  j’ai découvert la musique grâce aux vinyles de mon père. Beatles, Alice Cooper, Creedence Clearwater Revival, les premiers albums de Black Sabbath. Des grands classiques, quoi ! Puis le garage et le punk à l’adolescence.

Félix : J’ai commencé a écouté le garage des années 2000 au début de l’adolescence. Les Libertines, les Strokes, ce genre de groupes. Tout en écoutant les grands classiques, style Nirvana. La révélation a été rapide.

Robin : Je fais de la guitare depuis que je suis minot. J’ai commencé à écouter les disques de mes parents. Puis un peu comme Félix, les groupes de rock des années 2000 ont été des moteurs. Puis je suis allé voir les concerts de groupes toulousains. Mon premier concert a été Shivas & the Deadmen. Puis j’ai enchaîné avec les Angry Dead Pirates, Asphalt…
Venant de groupes différents, la communion interne a-t-elle été facile ? Avez-vous partagé aisément la bière et les pains dès la genèse du groupe ?

Jules : Quand je suis arrivé à Toulouse, j’ai commencé à trainer avec Félix et Robin qui étaient colocataires. Nous avons fait beaucoup de soirées en se disant qu’un jour nous monterions un groupe. Après quelques mois, nous avons débuté les répétitions. J’avais vu Max jouer dans les Déserteurs et j’ai pensé qu’il serait cool de l’intégrer au groupe.

Maxime : Je suis le dernier arrivé dans Cathedrale. Tout s’est fait naturellement.  Nous nous sommes bien trouvés, chacun de nous ayant quelque chose à apporter….et je ne parle pas de packs de bières !

Félix : L’idée de groupe étant née lors de fêtes interminables, la communication interne a été facile, aussi limpide que la cohabitation avec les cadavres de bières. Maxime s’est parfaitement intégré à cette ambiance.

Robin : Tout est dit ! Nous avons commencé avec Jules et Félix dans notre ancien appart. Tout s’est fait naturellement et rapidement !

Quel dieux du rock’n’roll glorifiez-vous ?

Jules : Il y en a beaucoup trop ! Mais au final,  je ne me lasse pas des Buzzcocks,  de The Modern Lovers et du Velvet Underground.

Maxime : J’aime beaucoup de groupes et d’artistes différents. Je n’en glorifie cependant aucun. A part Dieu évidemment…(rires). Sinon, Les Beatles pour l ‘Angleterre, Les Stooges pour l’Amérique, Gainsbourg pour la France, Johnny Hallyday pour la Belgique.

Félix : Je me rends souvent dans « l’église velvetienne ». Très bonne adresse.

Robin : Syd Barett, Kinks, Velvet, Beatles, , Kurt Cobain, Devo…la liste est longue !

Cathedrale 11

Si vous deviez organiser une grande messe du rock, qui inviteriez-vous sur la scène parmi les groupes actuels ? Quel serait votre prédicateur idéal ?

Jules : Il existe pléthore de groupes fantastiques. Partout. Difficile à dire…
J’aimerais beaucoup voir les Coneheads ou Institute par exemple.

Maxime : Pour faire simple et rapide pourquoi pas Parquet Courts, Useless eater, Thee Oh Sees, et d’autres trucs plus à la cool, genre Temples, Allah Las…

Félix : Parquet Courts, Thee Oh Sees, Fidlar, Ausmuteants parce que je les rate toujours. Et les potes de Toulouse. On m’a dit qu’il fallait aussi soutenir sa scène locale.

Robin : Je rajouterai White Fence, Total Control

Aimez-vous les chapelles dans la musique underground ? Où pensez-vous que tous leurs fidèles sont frères et sœurs ?

Maxime : Nous avons tous vendu notre âme au diable pour faire du rock. Alors pour nous, c’est l’église de Satan dans son ensemble…

Entre l’esthétique punk et les ogives power-pop que vous dessinez,  finalement dans quelle congrégation musicale vous classeriez-vous ?

Jules : Garage post punk…un truc dans le genre.

Félix : Rage pop, non ?

Robin : Quelqu’un nous a dit « garage façon high kick dans ta gueule » !

Qui écrit et qui compose votre liturgie ?

Jules : De temps en temps, j’apporte aux répétitions un morceau déjà composé. Sinon nous bossons tous ensemble.

Maxime : Ouais ! En général, cela se passe comme ça.  Parfois en répète, quand nous sommes  bien bourrés, nous partons en bœuf total…et cela peut déboucher au final sur des trucs pas mal.

Félix : Je ne sais pas si l’alcool aide mais ça débouche en effet sur de bonnes idées et les morceaux de Jules, qui ne sont pas alcoolisés, sont très bien aussi. Tout ne tourne pas autour de  la bibine non plus !

Robin : J’ai des morceaux aussi. Mais nous ne les jouons pas parce qu’ils ne sont pas en 4/4… haha ! Quand nous sommes tous ensemble, l’inspiration vient sur le coup. Comme nous avons les mêmes attentes, je pense qu’en terme de son, du coup tout fonctionne bien !

Cathedrale pochette EP

Certaines images de votre clip « Sovietik » font penser à la performance artistique et militante des Pussy Riot au sein de la Cathédrale Christ-Sauveur de Moscou. Prévoyez-vous une tournée iconoclaste au pays de Poutine ?

Jules : Avant de « chiller » à Moscou, en octobre nous allons « in UK » faire une tournée. Cela serait un énorme plaisir d’aller jouer en Russie. Peut-être un jour…

Maxime : Si quelqu’un veut bien s’occuper d’organiser cela pour nous, on part direct !

Félix : Il y a de la vodka là-bas, il paraît ! Pourquoi pas.

Robin : Nasdrovia !

Sous vos airs de provoc espiègle, que cachez-vous ? Des revendications nihilistes, une volonté de réconcilier tout le monde, une conviction syndicale, une foi musicale ad vitam aeternam ?

Jules : Je crois que l’on n’a pas vraiment de conviction ou de revendication particulière. Je ne trouve pas non plus qu’on provoque qui que ce soit particulièrement. Par contre, nous pouvons être grandes gueules. Nous avons la tête dans les nuages et dans le cul… Mais surtout nous essayons de faire nos morceaux, nos concerts et de chiller avec les potes.

Félix : Le « chill » entre pote est assurément notre plus grande revendication, jusqu’à ce jour !

Que sacrifieriez-vous sur l’autel de vos idées, pour la propagation de votre parole ? Seriez-vous disposés à signer un pacte avec le diable pour sillonner les chemins de la gloire ?

Félix : Je ne crois ni aux contrats ni au diable, zut !

Pensez-vous déjà à délivrer un autre message enregistré à vos ouailles ?

Jules : Nous retournons en studio fin août pour enregistrer notre premier album.

Quelles seront vos prochaines processions ?

Jules : En septembre, nous jouerons au Bikini Festival avec Thee Oh Sees, Magnetix et The Angry Dead Pirates. Puis comme je disais précédemment, nous partons en Angleterre, Ecosse et Pays de Galles, pour 10 dates. Nous avons d’autres amorces de projets mais nous ne savons  pas si nous allons suffisamment nous motiver pour pousser plus loin. Un gros tour en Europe ou carrément les Etats Unis avec Ratpop, cela serait cool !

Ainsi sont-ils, les dynamiques prosélytes de Cathedrale !