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On the Go,  by Manzo.

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DEPARTURE KIDS: « On the go » (LP)

2  mois ! Cela fait 2 mois que ce disque me pose un problème. Exprimer son ressenti  et son enthousiasme juvénile  par un petit commentaire risquant d’être immédiatement classé dans la catégorie  « dithyrambe de base » ou  « chronique pas sérieuse », tel était mon dilemme.

Je me suis rendu  compte que cette situation émanait du fait que j’étais incapable d’aligner 2 mots à la suite pour parler de ce disque, tant il m’était difficile de retranscrire ce qui m’était attachant.

Trêve de confidences. Cet album est avant tout la formidable confirmation d’un flamboyant  premier 45T, sorti l’année dernière. Dans ce long jeu, on constate que, non contents de respecter tous les codes du genre originel, les Kids y apportent  un certain brin de fraîcheur et d’innocence par leur façon de ne pas trop polir l’enrobage (l’abus de sucre est dangereux pour la santé). Rassurez-vous tout de même, les Departure Kids possèdent  bien cette qualité d’écriture de morceaux que requiert l’exercice. Ce qui est bien ici, c’est que l’on n’est pas dans le format simpliste couplet-refrain-couplet-refrain-etc. Chaque composition est vraiment travaillée et d’un tout autre acabit !

Et en détail, cela donne quoi ?

Commençons par les morceaux sortant des sentiers battus de la pop.
Sur « Suit it up », les Kids  paient leur tribut au Clash et à Joe Strummer,  époque premier album. Sur « Pas besoin de toi », nous sommes totalement  pris au dépourvu mais ravis  par ce titre monotone, chanté en  partie en français. Une totale réussite faisant ressurgir les fantômes des mythiques Coronados. Pour une fois, la langue de Molière ne détonne pas, grâce à la qualité simpliste et efficace des paroles. Peut être une future bande son pour le 7ème art ?

On peut souligner également des titres comme « Right now »« Wondering », « Avion » ou « Rat city ». Là,  les Kids nous attaquant à coups de guitares entrecoupées de breaks insidieux sans l’air d’y toucher,  enfoncent le clou avec persévérance.

Après cela,  il y a les 3 coups de grâce !

 « Wanking too hard ». De la pure power pop, amenée par une intro vocale à la fois énergique et aérienne, accompagnée par des chœurs haut perchés et animée par un refrain parfait, improbable mélange de Beach Boys et de Beatles.

« Standing here ». Attaque de guitares toniques produisant un déluge « sonic »  couplé à une mélodie parfaite. Un son pas possible, un véritable carton.

« Left on earth ». Dès l’intro,  on perçoit  un faux air du riff de « She’s got everything » des Kinks.   Mais dès l’attaque  survitaminée du chant hyper mélodique, bien emmené par une brève accalmie dont les Kids ont le secret, la comparaison devient inepte. Lire ce type de détail a surement l’air de rien, mais à l’écoute, c’est tout bonnement exceptionnel !

Parmi les 9 titres composant cet album sorti en vinyle, vous l’aurez compris, tout est intéressant et ce au plus haut point.  Que ceux qui  le possèdent  aillent mettre un cierge à Saint Pop et à Saint Power pour que ce mirage perdure. Que ceux qui ne l’ont pas encore se flagellent de honte  puis, partent immédiatement l’acheter chez Lollipop Music Store, le disquaire de Marseille.

Ce groupe est une bénédiction.

Chris Manzo