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“Future universe” (2011) & “Anywhere and everything is bright“(2013).

Comme il est impossible de parler de l’œuvre actuelle de Ron S. PENO sans évoquer DIED PRETTY, groupe dans lequel il officiait en tant que chanteur, un peu d’histoire.

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Il y a exactement 30 ans, en mars 1984, le label australien Citadel sort le premier 45 tours de DIED PRETTY représentant à l’époque une voie musicale jamais explorée dans ce pays.
Ici, la musique oscille entre un calme précaire ou lancinant et une violente déflagration psychédélique. Ici, la musique est à climats changeants. Ici, on n’est pas loin du free. Ici, le cliché couplet-refrain/chanson de 3 minutes est mis à mal : la musique de DIED PRETTY a besoin de plus d’espace pour atteindre sa plénitude.  Ici, la critique évoque le Velvet ou Television, voire Père Ubu. Certainement en raison de leur reprise cataclysmique de « Final solution » en concert.

L’espace de 2 45T et 2 albums, DIED PRETTY sera bien plus que ces références : jetez une oreille à des morceaux comme « Just skin » ou « Desperate hours » pour vous en persuader.

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La carrière de DIED PRETTY évoluera logiquement vers quelque chose de moins jusqu’au-boutiste, plus « straight », plus pop pour ses 3ème et 4ème albums. Le groupe décrochera un tube, le très pop « DC », jouera avec REM et poursuivra son aventure jusqu’à un 8ème album, quasi expérimental, le très surprenant « Everydaydream » en 2000.

Après une parenthèse appelée « Noise and voice » album expérimental encore très étonnant avec Brett Myers, son guitariste de Died Pretty, Ron formera un duo folk « The Darling Downs » avec Kim SALMON, l’ex guitariste des Scientists. A leur actif, 3 albums magnifiques et dépouillés où les 2 artistes se mettent à nus, sans aucun artifice (le dernier est sorti l’année dernière).

Revenons à notre sujet initial.

Il y a quelques années, Ron S. PENO s’est acoquiné avec CAM BUTLER, guitariste de son état, pour former avec 3 autres comparses The Superstitions et enfanter en 2011 un premier album, le bien nommé « Future universe ».

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Excepté le premier titre « The death of me » pulsé par un diddley beat de derrière les fagots, ce premier jet est une suite de ballades mélancoliques et suaves où Ron s’évertue à être plus crooner que le plus grand des crooners.

Sur quelques titres, de voluptueux violons viennent magnifier le tout. Ron ne se prive pas de belles envolées lyriques.  Pas en reste, CAM saupoudre le tout de beaux arpèges de guitares,  dans son style si distinctif.

Une bien belle œuvre au final et un réel plaisir de retrouver Ron au meilleur de sa forme.

Pour le 2ème album « Anywhere and everything is bright », changement de décor. Avec une nette volonté d’évoluer vers un style moins restrictif.

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Le très pop « Say it isn’t so » ouvre le bal. La voix grave et ampoulée si singulière de RON donne le ton de l’album.

C’est ensuite un enchaînement de 6 titres de grande qualité : du plus calme au plus dynamique, tout ici est idéalement mis en musique pour composer la parfaite partition.

Et toujours la voix à fleur de peau de Ron, témoignant de son intense immersion dans son œuvre !

L’album s’achève par un véritable moment de grâce, j’ai nommé le merveilleux « Call your name ». Cela démarre comme une ballade à la Nick Cave. Un piano accompagne Ron, puis semble appeler, par une magnifique envolée, la guitare de CAM et l’incitant à se déchaîner, à accélérer le tempo pour que le chanteur puisse dérouler et propulser la fin du morceau dans une autre dimension. Comme à la grande époque de DIED PRETTY.

La boucle est bouclée

Chris MANZO

Ci-dessous, vidéos du live au Lounge, à Marseille, le 22 octobre 2013.
Premier concert participatif de l’association, avec le soutien de Lollipop Music Store, du Lounge et des AveTheSounders.