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Jaromil Sabor «Marmalade Sculpture » – Close Up Records

Jaromil Sabor Pochette

Label parisien sans œillère et découvreur de talent, Close Up Records a pour but principal d’éditer les premiers disques de groupes pas encore « reconnus » (c’est pour cela qu’il devrait être plus connu).  Au hasard d’une rencontre, d’une écoute ou parfois d’ un coup de foudre musical, il nous a permis de découvrir Les Rivals, Les Sudden Death of Stars, Sandie Trash, The Diamond Rangs, Les Fleurs de Bach, The Dalaï Rama Fa Fa Fa, Arthur Pym & The Gordons…

C’est au sein de ce dernier groupe que nous avions déjà écouté Loïk, l’ancien guitariste des Artyfact, alias Jaromil Sabor (patronyme de scène issu d’un jeu de mot puisé avec humour entre Kundera et Hergé, ce qui n’est pas pour me déplaire), qui est l’auteur-compositeur-interprète de l’album « Marmalade Sculpture » (titre clin d’œil au morceau « Strange Fruit for David » de The Wave Pictures).

Je ne m’égarerai pas à mesurer ce damoiseau guitariste à qui ce soit.  Jaromil, dont l’inspiration se balade entre Kessel et Love, entre Yasunari Kawabata et Young, Dylan et Kundera, mérite juste d’être comparé à Loïk. La musique m’est avant tout sensation. En parler à la première personne du singulier est parfois s’exposer au cynisme ambiant (j’essaie également d’observer mon devoir de réserve).  Peu importe, Jaromil le vaut bien.

Si je vous dis qu’il est âgé seulement de 20 ans, c’est pour mieux souligner la surprise que procure la maturité de ce premier projet solo.  Tout est mélodie, grâce et délicatesse. Lo-fi certes, mais éclairé. De la dentelle psyché-folk-pop, faite à la main, naturelle et fine. Le fil conducteur de ce tissage : ses très nombreuses références musicales et littéraires (vous ne rêvez pas, ce jeune homme lit). Sans emphase mais avec passion, précision et respect.

Brodée patiemment avec les couleurs spirituelles récoltées ci et là, cette ravissante guipure posée sur la platine m’enveloppe dans un paysage sain et reposant de la fraîcheur d’un soir d’été. Un décor bucolique où se réuniraient quelques amis, venus à bicyclette, pour disserter amicalement et partager quelques douces notes de musique complice et des pensées humanistes.

Loin des chapelles « garage-punk », en assumant sa curiosité et sa culture, Jaromil rend hommage à ses aînés et je rends grâce à Loïk de cette délicieuse sensation nourrie par l’écoute de son « Marmalade Sculpture ». De la douceur consistante.

Et cela fait tout simplement, beaucoup de bien.

Vous en prendrez bien une tartine ?

TP66